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COLLOQUE CEBTPI "Les Entretiens Phocéens" 2019

Organisé par la Compagnie des Experts du Bâtiment, des Travaux Publics et de l’Industrie, l’EDA Sud Est et l’Institut de Formation Continue des Avocats du Barreau de Marseille, en partenariat avec le Tribunal de Grande Instance de Marseille, le colloque 2019 « PAROLES D’EXPERTS DE LA PREUVE A L’INTIME CONVICTION », portait sur divers thèmes de réflexion à propos de la preuve en expertise, de l’urgence immobilière, des sinistres relatifs aux vices de sols et de leur prévisibilité. Enfin les actualités sur la dématérialisation des expertises et un dernier état de la contre-expertise permirent d’éclairer les perspectives d’avenir.

Introduit par Me Paul SEMIDEI, délégué par le Bâtonnier du barreau de Marseille, Me Yann ARNOUX-POLLACK, les entretiens phocéens ont rassemblé un auditoire attentif de professionnels du procès en construction pour une réflexion partagée. A la tribune, Me Paul SEMEDEI Avocat au barreau de Marseille et M Michel-Théo FEIN Président de la CEBTPI veillaient au bon déroulement de cette journée d’informations, d’échanges et d’approfondissements des connaissances.

Le thème principal de la preuve en expertise judiciaire fut brillamment exposé par Me Adrien PELON Avocat au barreau de Paris, chargé d’enseignement à l’Ecole Nationale de Magistrature. En apportant une analyse sur les principaux modes de preuve, de l’observation directe à l’analyse des pièces, il retraça le cheminement de la démarche expertale vers l’aboutissement de conclusions étayées, claires et précises.

Suite aux récents effondrements des immeubles du centre-ville de Marseille, M Thierry AZEMA, Magistrat, Président de la 3ème Chambre du Tribunal de Grande Instance de Marseille a tenu à rappeler les règles de la procédure de péril imminent. L’expert désigné en urgence pour un constat sous 24h, doit préconiser avec pertinence les travaux nécessaires pour remédier à une situation critique et garantir la sécurité des personnes.

La présentation du sinistre du centre commercial du Grand Littoral construit sur un sol instable a permis à M J.M. ALBA et M J.M. RESCOUSSIER experts en géotechnique d’illustrer par l’exemple le thème de cette journée en évoquant cet ancien sinistre marseillais gravé dans le souvenir de tous.
Après analyse de l’enchaînement des causes du sinistre et exposé des préconisations de réparation envisagée, c’est par la démolition du cinéma et le remodelage du talus avec versement d’une lourde compensation financière que s’est conclue cette regrettable affaire.
Un point sur l’assurabilité des risques exceptionnels était opportun pour conclure cette matinée. Me Paul SEMIDEI a rappelé en quelques brefs propos, les obligations en matière d’assurance construction et notamment les sanctions prévues par le code des assurances en cas de manquement.

Un régal pour les papilles, le buffet dans le patio de la maison de l’avocat fut aussi l’occasion d’échanges conviviaux entre les participants, prolongeant des débats animés autour des sujets de la matinée.

Après cette pause déjeuner, c’est un focus sur la dématérialisation des expertises introduit par Sophie-Maddie DAOUDAL Juge en charge du contrôle des expertises qui nous a replongés dans le vif du sujet. Un rappel de l’article 748-6 du Code de Procédure Civile relatif aux procédés techniques de la communication électronique permit à Pierre MALICET, expert de Justice, de mettre l’accent sur la sécurité de transmission fournie par OPALEXE, étant entendu qu’en revanche les emails ne sont pas sécurisés.

Par la suite, un dernier état de la contre-expertise fut dressé par Mme Anna Belle MARAND Expert CEBTPI et Me Emmanuelle DURAND, Avocat au barreau de Marseille. On y apprit que, bien que très rare, la procédure de contre-expertise consiste à ordonner un complément d’expertise ou une nouvelle expertise lorsqu’un rapport d’expertise est remis en cause en raison d’un non-respect du contradictoire, d’une sous-traitance de mission, de non réponse aux dires ou encore d’appel en cause tardifs de parties non présentes aux réunions d’expertise.

Enfin Georges-Henri DUCREUX, Expert géotechnicien CEBTPI, aborda le thème de la prévisibilité des sinistres, illustrant son propos à partir de l’exemple de la falaise du vieux village de Tourettes-sur-Loup ou comment apporter la preuve d’un évènement à venir. Comment définir les travaux à entreprendre pour sécuriser l’éperon rocheux portant le village à partir d’inspections visuelles depuis le chemin de ronde, d’observations par drones, voire de descentes en rappel sur la paroi dans le cadre du plan de prévention des risques naturels de cette commune.

Pour conclure, la synthèse des travaux par Anne Marie SOMNIER, ancien Magistrat en charge durant 28 ans de la construction au TGI de Marseille, vint clore avec nostalgie et brio cette fructueuse journée de colloque.

Notre Assemblée générale annuelle aux Sablettes

Comme chaque année, la CEBTPI a tenu son assemblée générale ordinaire, le dernier vendredi de janvier, sous la présidence de Gérard LÉGALLE. Cette année, votes des statuts et du règlement intérieur révisés étaient au menu, l’assemblée générale étant précédée d’une assemblée générale extraordinaire. Ainsi, près d’une centaine de nos membres ont répondu présent à cette journée de manifestation de la compagnie.
Ce fût aussi l’opportunité pour Constant VIANO, Président de l’UCECAAP, honorant la compagnie de sa présence, de rappeler le rôle et les actions de l’UCECAAP et de féliciter le nouveau président de la CEBTPI, Michel Théo FEÏN, élu ce jour. Andrée MINGUET, Bâtonnier honoraire, nous avait fait l’amitié de sa présence.
Organisée en alternance à proximité de Marseille, d’Aix-en-Provence et de Toulon, le site des Sablettes (La Seyne-sur-Mer) avait été retenu pour 2019. Un choix du site pertinent, pour des experts en construction : après une matinée de présentation des actions et perspectives de la compagnie, il a donné matière à un rappel historique et à une visite guidée du « hameau des Sablettes » par Marie RUBINSTEIN, réalisatrice d’un film sur l’œuvre de l’Architecte Fernand POUILLON, qui a construit ce hameau dans les années 50.
Beau site, belle météo … la journée s’est déroulée en toute confraternité et convivialité. Un grand merci à tous les organisateurs et participants.

Rencontre Magistrats / Avocats / Experts

Le 26 octobre 2018, s’est tenue au sein de la maison de l’Avocat à TOULON la première rencontre Magistrats, Avocats, Experts pour aborder deux thèmes :
- Premiers retours d’expérience d’utilisation commune de la plate-forme sécurisée OPALEXE.
- Coût de l’expertise dans le domaine de la construction.
Cette manifestation a été honorée de la présence de Madame Lucette BROUTECHOUX, Présidente du TGI de Toulon, de Madame Dominique KLOTZ, Première Vice-présidente, de Madame Marie-France DERUT, greffière et de Maître Jérémy VIDAL, Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Toulon.
Cette manifestation a ainsi rassemblé plus de 60 participants, dont 13 avocats et 46 experts.
En ce qui concerne la plateforme sécurisée OPALEXE, Jean-François de MACEDO, expert, a présenté l’architecture d’accès à la plate-forme OPALEXE en se plaçant successivement depuis la position, du magistrat, de l’avocat et de l’expert.
Le Bâtonnier a exprimé sa volonté de tout mettre en œuvre pour que les avocats s’inscrivent, par le canal de leur accès RPVA, pour utiliser ladite plate-forme lors de la conduite des opérations d’expertises civiles.
Le Tribunal a manifesté sa volonté de poursuivre la dématérialisation de l’expertise afin de respecter l’échéance de septembre 2019 qui rendra incontournable l’usage de la plate-forme.
Sur le second thème, les avocats ont exprimé un renchérissement du coût des opérations d’expertises au point que, dans certains cas tirés de leur expérience, les parties en demande ne disposent plus de la capacité financière pour les poursuivre jusqu’à leur terme. Cette situation ayant pour conséquence de priver les parties de défendre leur cause.
Les experts ont rappelé les différentes composantes du coût de l’expertise, la technicité exigeant davantage d’investigations, voire la demande accrue des parties de disposer d’éléments factuels précis.
Ces constatations faîtes, il a été convenu et rappelé, que l’expert doit informer au plus tôt les parties du coût prévisionnel de l’expertise en donnant tout éclairage sur l’apport des investigations dans le débat technique et au regard de sa mission.